Comment alléger le coût des trajets domicile-travail ?

hausse des prix des carburants 

Depuis février, les prix à la pompe repartent à la hausse dans un contexte géopolitique tendu, comme en 2022. Une situation qui impacte les entreprises à des degrés divers, mais aussi les travailleurs qui – et ils sont majoritaires en Wallonie(1) – effectuent leurs déplacements domicile-travail en voiture thermique. Au-delà d’un risque social évident, l’épisode actuel doit encourager les employeurs à poser les bases d’une vraie politique de mobilité et à accélérer la transition vers des déplacements décarbonés.

Les tensions internationales et l’instabilité des marchés énergétiques font grimper les prix des carburants depuis février. Le scénario tant redouté de 2022 se joue à nouveau, nous laissant impuissants face aux mécanismes qui le produisent. Pour une grande majorité de travailleurs wallons qui utilisent leur voiture pour rejoindre le bureau ou l’usine, la facture mensuelle pèse à nouveau lourdement. Risque-t-on à terme un nouveau mouvement de grogne sociale avec des revendications et de l’absentéisme déguisé ?

Il y a quelques semaines, après de longues tergiversations, le gouvernement fédéral a décidé de faire un geste, critiqué par les uns et jugé insuffisant par les autres : l’accord conclu pour soutenir les ménages face à la hausse des prix de l’énergie mobilise 60 millions d’euros pour renforcer l’indemnité kilométrique domicile-travail. Les employeurs qui augmenteront cette indemnité entre mai et juillet 2026 bénéficieront d’un crédit d’impôt couvrant 20% du supplément consenti, plafonné à 10 centimes par kilomètre, le surplus revenant en net pour le travailleur.

Compenser ou transformer ?

Or, c’est précisément à ce niveau que se joue la véritable question. À chaque épisode de crise énergétique, la même évidence revient : notre système de mobilité, encore très largement dépendant des énergies fossiles, manque cruellement de résilience. Indemniser davantage, c’est compenser une fragilité. Réduire la dépendance, c’est la traiter.

Les entreprises ont ici une carte à jouer en assumant pleinement leur part de responsabilité dans la mobilité de leurs travailleurs. Le trajet domicile-travail relève, certes, de la sphère privée, il pèse néanmoins sur le pouvoir d’achat des travailleurs, le climat social, l’attractivité de l’employeur et aussi sur le bilan carbone de l’organisation. Dans cette optique, structurer une politique de mobilité durable n’est pas, dans le chef de l’entreprise, un acte philanthropique : c’est la rendre plus solide face aux secousses à venir. Car il y en aura d’autres...

Anticiper la hausse plutôt que la subir

Aucune entreprise ne part vraiment de zéro. Télétravail et coworking, indemnité vélo, intervention dans les abonnements de transport en commun, électrification des flottes de véhicules de société, encouragement au covoiturage, budget mobilité, leasing vélo, écoconduite… La palette des leviers activables est large et s’est encore enrichie ces dernières années. Encore faut-il les connaître, les combiner intelligemment et les rendre visibles auprès des collaborateurs. L’enjeu, dans le contexte actuel, est moins d’inventer que d’activer.

Ce que nous vivons aujourd’hui est aussi l’occasion d’amorcer une transformation plus profonde. La transition vers une mobilité décarbonée n’est plus un débat de convaincus ou un projet futuriste. C’est un enjeu actuel : il est opérationnel et économique. L’avant-projet de loi qui devrait rendre le budget mobilité obligatoire d’ici 2027 pour les entreprises de plus de 50 travailleurs (et un an plus tard pour celles de plus de 15 travailleurs) doit servir cet objectif. Mieux vaut transformer une contrainte à venir en avantage compétitif que la subir au dernier moment.

Et si chaque flambée des prix à la pompe devenait un test ? Test de notre capacité collective à dépasser le réflexe de la compensation pour aller vers la transformation. Test, pour chaque entreprise, de proposer des alternatives à ses équipes face à la dépendance à un mode de transport de plus en plus coûteux, polluant et exposé aux turbulences du monde. Par ses conseils, la Cellule Mobilité d’AKT peut aider les entreprises à prendre ce virage. N’attendez pas la prochaine crise énergétique !

(1) Selon la dernière Enquête fédérale sur les déplacements domicile travail (2024-2025), la voiture est le mode de transport principal pour 82,8% des travailleurs en Wallonie. Attention, ce chiffre ne fait pas la distinction entre véhicules thermiques, hybrides et électriques.

Une personne tient une pompe à essence verte pour faire le plein à une station-service.

Description générée par IA

Que pouvez-vous faire ?

La Cellule Mobilité d’AKT a publié un panorama complet des solutions que les entreprises peuvent activer pour faciliter les déplacements domicile-travail décarbonés de leurs équipes. Mesure par mesure, vous y trouverez les conditions de mise en œuvre, les avantages fiscaux applicables, des partenaires mobilisables et des pistes concrètes de mise en œuvre.

Plus d’infos : 0472/04.31.31 ou mobilite@akt.be