Les entreprises wallonnes annoncent déjà plus de 88.000 recrutements en 2026

Besoins en main-d’oeuvre

À la demande du Gouvernement wallon, le Forem a mené, avec AKT et UCM, une enquête auprès de 72.000 entreprises. Plus de 10.000 ont répondu. Résultat : près d’un tiers d’entre elles envisagent de renforcer leurs effectifs et annoncent déjà plus de 88.000 recrutements pour 2026.

Menée entre octobre et début décembre, cette première édition wallonne de l’enquête BMO offre une base solide pour analyser les intentions d’embauche par métier, par secteur, par bassin d’emploi et par province.

Pour Pierre-Yves Jeholet, ministre de l’Économie, de l’Emploi et de la Formation : «Ces résultats confirment une réalité essentielle : les entreprises wallonnes ont des besoins massifs et concrets, avec plus de 88.000 recrutements déjà envisagés pour 2026. Grâce à cette enquête, nous disposons pour la première fois d’une vision précise et anticipée des métiers, des secteurs et des territoires sous tension.»

Cette vision part d’un constat simple : les besoins sont là, clairement exprimés par les employeurs eux-mêmes.

Quatre secteurs en première ligne

La santé, le commerce, la construction et les activités de services administratifs et de soutien concentrent à eux seuls plus de la moitié des recrutements programmés pour 2026.

Chacun représente entre 13% et 15% des intentions d’embauche, soit entre 11.000 et 13.000 projets de recrutement par secteur.

Derrière ces pourcentages, il y a des réalités très concrètes : soigner, construire, vendre, organiser, accompagner. Autant d’activités essentielles à la vitalité de notre tissu économique.

Des métiers ancrés dans le quotidien des entreprises

Les profils recherchés parlent d’eux-mêmes. Plus de 3.000 recrutements sont envisagés pour des aides-ménagers, nettoyeurs, vendeurs ou éducateurs-accompagnateurs.

Entre 2.000 et 3.000 postes concernent des serveurs, infirmiers ou aides familiaux. Et plus de 1.000 projets visent notamment des agents administratifs polyvalents, ouvriers de production, magasiniers, maçons, conducteurs de poids lourds, couvreurs ou électromécaniciens industriels. Des métiers accessibles, opérationnels, indispensables au fonctionnement quotidien des entreprises wallonnes.

Frédéric Panier, CEO d’AKT , insiste sur cette dimension concrète : «L’enquête BMO constitue une avancée importante pour les politiques de l’emploi en Wallonie. Elle permet enfin de disposer d’une vue d’ensemble des besoins de main-d’œuvre des entreprises et de mieux orienter l’accompagnement et la formation des chercheurs d’emploi.»

Et d’ajouter : «Les premiers résultats révèlent déjà plusieurs faits marquants : 9 grandes entreprises sur 10 en Wallonie ont le projet de recruter en 2026 et 75% des contrats qui seront proposés seront des CDI et des CDD. Ils montrent aussi que de nombreux besoins concernent des métiers accessibles, au cœur du quotidien des entreprises, comme l’aide-ménager, le vendeur, le serveur ou l’ouvrier de production.»

Dans la foulée de l’enquête, le Forem a déjà initié près d’un millier d’actions d’accompagnement et planifié 83 événements de recrutement pour 2026 : jobdays, salons, séances d’information, rencontres sectorielles. L’objectif est clair : transformer les intentions en emplois effectifs.

Les résultats détaillés seront publiés en avril. Ils viendront préciser les difficultés de recrutement par métier et alimenter la future liste des métiers en pénurie.

2025 : ce que disent les chiffres de l’emploi

En 2025, la Wallonie comptait en moyenne 257.551 chercheurs d’emploi inoccupés, soit 15,6% de la population active.

Par rapport à 2024, la demande d’emploi a progressé de 9,6%, ce qui représente 22.540 personnes supplémentaires. Cette évolution s’explique à la fois par la conjoncture économique et par des ajustements réglementaires, notamment l’évolution du statut des inscrits librement et le relèvement de l’âge légal de la pension.

Dans le même temps, 405.035 offres d’emploi ont été diffusées par le Forem en 2025. Un tiers de ces postes concernent des fonctions critiques ou en pénurie. Le volume global des offres publiées recule toutefois de 24% par rapport à 2024, en partie en raison de la diversification des canaux de recrutement utilisés par les entreprises.

Les cinq fonctions les plus diffusées confirment les besoins structurels de notre économie : conduite de poids lourds, mécanique automobile, maintenance industrielle, logistique et préparation de commandes.

Ces données traduisent une réalité double. D’un côté, des entreprises qui recrutent et expriment des besoins importants. De l’autre, des tensions persistantes sur certains métiers clés.

Dans ce contexte, l’enquête BMO constitue un levier supplémentaire pour rapprocher plus finement formation, accompagnement et besoins concrets du terrain.