Ces dernières semaines, une question très concrète a traversé de nombreuses entreprises wallonnes : l’investissement productif allait-il à nouveau être taxé par les pouvoirs locaux wallons ? La décision du Gouvernement wallon de suspendre la réforme annoncée apporte aujourd’hui un signal de stabilité. Les entreprises resteront exonérées pour les investissements réalisés depuis 2006 et aucune nouvelle charge ne sera introduite en 2026. Une respiration bienvenue pour l’économie wallonne.

Ces dernières semaines, AKT, avec les fédérations sectorielles et les Chambres de Commerce et d’Industrie, a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences potentielles de la forte réduction de la compensation régionale versée aux communes. Cette évolution faisait craindre un retour de taxes locales pesant directement sur l’investissement productif.

Or, pour les entreprises, l’équation est simple : taxer l’investissement, c’est en augmenter le coût. Et lorsque le coût de la création ou du maintien d’activités économiques augmente, en particulier de manière imprévisible, les décisions d’investissement changent.

Des impacts concrets

Pour objectiver ces préoccupations, AKT a mené un coup de sonde auprès d’environ 200 entreprises représentant près de 69.000 emplois.

Les résultats ont donné la mesure de l’inquiétude : Près de 130 entreprises indiquaient envisager une diminution, un report ou une annulation pure et simple de leurs projets d’investissements. Au total, près de 15.000 emplois étaient potentiellement concernés par des réductions d’activité pouvant aller jusqu’à la fermeture de sites, des licenciements ou un recours accru au chômage économique.

Le risque estimé d’augmentation de la fiscalité locale sur les investissements productifs dépassait par ailleurs les 100 millions d’euros par an.

Dans le même temps, l’information circulait difficilement : seules 7% des entreprises interrogées estimaient être bien ou très bien informées des évolutions envisagées, tandis que 32% déclaraient ne disposer que d’une information partielle.

Une mobilisation collective

Face à ces signaux, la mobilisation a été rapide. La communauté AKT – fédérations sectorielles, Chambres de Commerce et d’Industrie et entreprises membres – a partagé des données concrètes et porté dans le débat public une parole ancrée dans la réalité économique.

Soulignons également la position responsable adoptée par la FGTB dans ce dossier, attentive aux impacts industriels et à leurs conséquences sur l’emploi.

Cette mobilisation collective a contribué à replacer l’investissement productif au cœur du débat.

Le Gouvernement wallon a finalement décidé de suspendre la réforme du complément régional, de revenir au système antérieur pour l’année 2026 et d’engager un travail approfondi en vue d’une réforme structurelle en 2027.

Concrètement, les entreprises resteront intégralement exonérées pour les investissements réalisés depuis 2006 et aucune nouvelle charge ne sera introduite en 2026.

«La décision prise par le Gouvernement wallon évite un choc sur l’investissement et l’emploi en Wallonie, souligne Frédéric panier, CEO d’AKT. Nous saluons la volonté du Gouvernement d’avancer dans le dialogue et d’ajuster le dispositif. En rétablissant une forme de paix fiscale pour 2026, le Gouvernement envoie ainsi un message de stabilité nécessaire à l’économie wallonne.»

Le vrai chantier commence maintenant

La suspension de la réforme ne clôt pas le débat. Elle ouvre au contraire un travail de fond en vue de 2027.

L’enjeu sera de trouver un équilibre durable entre plusieurs impératifs : préserver les finances communales, garantir un cadre clair et stable pour les entreprises et assurer la cohérence avec l’ambition industrielle de la Wallonie.

Sur ce point, AKT rappelle une réalité simple : les entreprises sont prêtes à faire leur part dans l’effort d’assainissement des finances publiques. Elle l’ont d’ailleurs fait à chaque conclave budgétaire depuis le début de cette législature, et dans des proportions importantes. Mais le meilleur moyen de retrouver une trajectoire budgétaire saine reste de créer un cadre économique favorable au développement économique. Car c’est celui-ci, concrètement, de produire, d’innover et de créer de l’emploi en Wallonie.

Une pause bienvenue, un cap à construire

Taxes sur les investissements productifs

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