Stabilité fiscale : une condition pour produire, investir, avancer
La décision de suspendre, pour 2026, la réforme des taxes sur les investissements productifs n’est pas anodine. Elle corrige une trajectoire qui, en quelques semaines, avait fait naître un doute profond sur le terrain. Et en matière économique, le doute suffit à freiner l’action.
Ce que les entreprises ont exprimé ces dernières semaines est sans ambiguïté. Quand les règles deviennent incertaines, les décisions d’investissement se figent. Quand elles se figent, c’est toute la chaîne qui ralentit : production, innovation, emploi. Les chiffres que nous avons recueillis sont clairs : des projets reportés, des investissements revus à la baisse, des emplois directement exposés.
Il ne s’agit pas d’un débat technique. Il s’agit de savoir où l’on produit demain. Et dans quelles conditions.
En rétablissant une forme de stabilité pour 2026, le Gouvernement wallon envoie un signal utile. Il reconnaît une réalité simple : on ne construit pas une dynamique industrielle sur de l’incertitude. Cette décision montre aussi qu’un dialogue est possible, que les signaux du terrain peuvent être entendus, y compris dans un contexte budgétaire contraint.
Mais personne ne doit s’y tromper : ce n’est qu’une étape.
Le chantier qui s’ouvre pour 2027 sera décisif. Il ne s’agira pas uniquement de revoir un mécanisme fiscal. Il faudra poser un cadre cohérent, durable, aligné avec l’ambition de réindustrialisation de la Wallonie. Un cadre qui permette à la fois de soutenir les finances locales et de donner aux entreprises la visibilité dont elles ont besoin pour investir ici, sur le long terme.
Car c’est bien là que tout se joue. La réindustrialisation ne se décrète pas. Elle se construit, jour après jour, à travers des décisions d’investissement très concrètes. Et ces décisions dépendent d’un élément clé : la confiance.
Les entreprises sont prêtes à prendre leur part. Elles l’ont toujours fait. Mais elles ont besoin de règles du jeu stables, lisibles, prévisibles. C’est cette stabilité qui fait la différence entre un territoire où l’on hésite et un territoire où l’on s’engage.
Cette séquence a aussi démontré autre chose : la force du collectif. En quelques semaines, la communauté AKT s’est mobilisée, a objectivé les impacts, a porté une parole claire, ancrée dans la réalité économique. C’est cette capacité à agir ensemble qui a permis de faire évoluer le débat.
La suite nous engage tous. Pouvoirs publics, partenaires sociaux, entreprises. Avec une exigence partagée : créer les conditions pour produire davantage en Wallonie, y investir durablement et y ancrer l’emploi.
C’est à cette condition que la Wallonie pourra pleinement retrouver une trajectoire industrielle forte.
Frédéric PANIER
CEO d’AKT for Wallonia
éditorial