“Les clients, notre premier pilier d’innovation”
certificat d’université en Gestion de l’innovation
Thomas Seldrum est Directeur Engineering et R&D au sein de JEMA. Cette filiale de CE+T Power est spécialisée dans les convertisseurs de puissance, une technologie particulièrement utilisée pour la protonthérapie ou dans le cadre de la décarbonation industrielle, via l’électrification des processus. Il dirige une équipe d’une quinzaine d’ingénieurs.
Quelles sont les principales sources d’innovation de JEMA ?
Beaucoup de nos nouveaux développements émanent directement de la demande des clients, notre premier pilier d’innovation. Mais celle-ci peut aussi naître de la contrainte, en particulier le respect de normes imposé à nos solutions afin qu’elles ne génèrent pas d’externalités négatives, comme des pollutions de la tension sur les réseaux électriques. Un troisième pilier est le fruit de la veille technologique menée par nos ingénieurs spécialisés, à laquelle une partie spécifique de leur temps est consacrée. De celle-ci découlent des projets pilotes menés notamment en collaboration avec le pôle de compétitivité MecaTech, les universités ou d’autres entreprises du secteur privé.
Une entreprise technologique où les ingénieurs représentent un tiers des effectifs se suffit-elle à elle-même pour innover ?
Non, car les progrès sont tels qu’il n’est plus possible aujourd’hui de disposer de toutes la connaissance utile en interne. Nos ingénieurs sont excellents pour trouver les nouveaux types de semi-conducteurs, de topologies et capteurs pour faire évoluer nos produits. Mais nous avons besoin d’échanges permanents avec les experts universitaires et nos clients pour maîtriser le contexte et identifier les gaps entre nos solutions et les attentes ou contraintes de marché. Un des enjeux est donc de maintenir un équilibre entre l’ouverture nécessaire à la co-conception et la protection de notre expertise, en particulier la programmation et l’algorithmie embarquée dans nos produits.
Quelle est l’impact de la croissance d’une société sur le processus d’innovation ?
C’est cette question qui m’a en grande partie amené à m’inscrire à la formation. Précédemment, après validation de l’idée par quelque pairs, un ingénieur se lançait un peu à l’aveugle dans un développement. Mais JEMA a beaucoup grandi et, même si nous ne voulons pas d’une organisation écrasée par les process, notre taille nous pousse à professionnaliser notre approche et optimiser les ressources. La formation m’a fourni les outils nécessaires à cette mise en place.
Quels autres aspects de la formation retenez-vous ?
Chimie, pharma, défense, secteur public… Les participants et intervenants extérieurs sont issus de secteurs très différents. On réalise que l’innovation s’y gère différemment et cela permet de puiser de nouvelles idées et sortir de ses propres carcans de pensée. J’ai aussi été très interpellé par l’utilisation de l’IA comme une nouvelle façon de générer des idées et ouvrir les horizons.
TS
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