“Innover n’est pas une fin en soi”
certificat d’université en Gestion de l’innovation
Après avoir évolué dans les départements R&D de plusieurs entreprises agro-alimentaires wallonnes, Lore Dupont est aujourd’hui R&D Project Manager, en charge de la gestion de l’innovation, au sein de Natix, le producteur d’ingrédients naturels. Sa mission ? En premier lieu, identifier les opportunités d’innovation, tant au départ des demandes clients que de la littérature scientifique. Cette bio-ingénieure de formation est aussi responsable de la gestion des projets innovants, depuis la génération d’idées jusqu’à la mise sur le marché.
On parle beaucoup aujourd’hui d’innovation ouverte. Faut-il faire partie d’un écosystème pour innover ?
A mes yeux, c’est primordial. On n’innove plus aujourd’hui en faisant des tests en laboratoire, dans son coin mais en réseau. Cela passe par la collaboration avec de nombreux partenaires externes, dont les clients, les fournisseurs, les universités et centres de recherche, les pôles de compétitivité et même parfois ceux que l’on considérait jusque-là comme des concurrents. (…) Et en interne, il y a les différentes parties prenantes que sont les départements commerciaux, réglementaires, production, qualité... L’innovation est donc un processus transversal qui se nourrit de nombreuses expertises et points de vue et nécessite de bien connaitre son environnement.
Qu’implique cette multiplicité des acteurs ?
Elle rend un projet d’innovation très riche mais soulève aussi des défis, notamment quant à l’acceptation du risque, l’utilisation des ressources, la gestion des itérations et du timing. Un processus aussi ouvert peut impliquer beaucoup de personnes aux priorités très différentes. Il y a donc une dimension sociale. Il faut savoir bien communiquer, beaucoup écouter et faire preuve d’empathie afin de créer une dynamique collective. La formation éclaire très bien sur tous ces aspects.
Innover, est-ce forcément développer de nouveaux produits ?
Non. L’innovation peut aussi trouver sa source dans l’amélioration ou une nouvelle application d’un produit. Ou encore un nouveau service offert autour de celui-ci ou dans le process de développement ou fabrication… Je ne crois pas qu’il faille forcément être un scientifique pour avoir la charge de l’innovation, mais bien un bon gestionnaire de projet. D’ailleurs, la formation rassemble des profils très différents, y compris issus du secteur public. Et puis, innover n’est pas une fin en soi. Cela doit être le fruit d’une vision partagée, alignée avec la stratégie et explicitement soutenue par le leadership. Nous avons été fort sensibilisés à ce sujet.
LD
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